LA SITUATION AGRICOLE EN FRANCE

La France compte un peu moins de 440 000 exploitations agricoles en 2016. Globalement moins nombreuses, les exploitations s’agrandissent avec une moyenne de 63 hectares. Un quart d’entre elles cultive des surfaces supérieures à 93 hectares[1]. De 2014 à 2018, la population des actifs agricoles non-salariés a baissé au rythme de -3,3% par an.

Les ressources financières sont en baisse avec un EBE (Excédent Brut d’Exploitation) négatif pour 30% des exploitations (avant prise en compte des subventions) et s’accompagnent d’un alourdissement de l’endettement. Le montant moyen de l’endettement des exploitations en 2016 s’élève à 189 900 euros[2]. Le solde « disponible » pour la rémunération de l’exploitant et l’autofinancement d’investissement se situe en 2016 à 19 600 euros.  La Mutualité Sociale Agricole (MSA) indique qu’en 2016, près de 20% des chefs d’entreprise agricole imposés au « bénéfice réel » ont un revenu déficitaire et 20% un revenu situé entre 0 et 4 315€. Ce qui revient à dire que près de 30% des exploitants agricoles imposés au bénéfice réel ont gagné moins de 360€ par mois en 2016[3].

La configuration des exploitations change peu : même si les néo-ruraux (non issus du milieu agricole) sont près d’un tiers des nouveaux installés, les agriculteurs français restent liés à la ferme familiale, avec des enjeux intergénérationnels souvent complexes. Les femmes jouent tout de même un rôle de plus en plus important avec une représentation d’un quart des chefs d’exploitation et de 47% des effectifs de l’enseignement agricole[4].

Les conditions de travail montrent une forte tension subie par les agriculteurs : pression des créanciers, travail pénible, isolement, signes d’épuisement. Alors que les exploitants sont habitués à faire face seuls aux difficultés, la demande d’aide n’est pas du tout évidente : ni auprès de leurs pairs, ni auprès des services médicaux sociaux. La pointe de l’iceberg de la souffrance psychique des agriculteurs, médiatisée depuis une dizaine d’années, est le nombre de suicides particulièrement important dans ce secteur d’activité, avec un taux de suicide de 20% supérieur à la population générale pour les hommes en 2010[5]. Les derniers chiffres de la MSA parlent d’1 suicide de non salarié agricole par jour, avec 372 agriculteurs décédés par suicide en 2015[6].

[1]Ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Agreste Primeur (2018). Enquête sur la structure des exploitations agricoles. N°350

[2]Service de la statistique et de la prospective du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation (2017). Les résultats économiques des exploitations agricoles en 2016 –Données du réseau d’information comptable agricole.

[3] MSA. https://www.msa.fr/lfy/conference-presse-rentree-ccmsa-2017

[4]Site du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Infographie Les femmes dans l’agriculture. https://agriculture.gouv.fr/infographie-les-femmes-dans-lagriculture

[5]Khireddine-Medouni I, Breuillard É, Bossard C. Surveillance de la mortalité par suicide des agriculteurs exploitants. Situation 2010-2011 et évolution 2007-2011. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 29 p.

[6]http://www.lafranceagricole.fr/actualites/suicide-372-agriculteurs-et-233-salaries-en-2015-1,8,1382935463.html

La situation agricole en Wallonie

On observe en Wallonie une diminution de la surface agricole utile agissant en parallèle d’une augmentation de la superficie moyenne par exploitation. Dans ce contexte agronomique, les agriculteurs wallons doivent faire face à des enjeux multiples : financiers, psycho-sociaux et humains.